Nouveaux projets

En parallèle de la création de « Gens sans peurs », deux nouveaux projets sont nés : « La part de l’ombre » et un travail autour de « l’Odyssée » d’Homère.

« La part de l’ombre » :
Nous présenterons ce spectacle le samedi 1er décembre à 20 h 45, dans le cadre du festival du conte de la ville de Sucy-en-Brie (94 370) à « Maison Blanche », rue Halévy. Réservation au : 01 45 90 54 14.
Plein tarif : 15 euros. Tarif réduit : 8 euros

La part de l’ombre
Spectacle inspiré de contes traditionnels d’Europe
Conteuse : Nathalie BONDOUX
Accompagnementsonore et musical : Françoise AUBRY
Durée : 1 heure Public : adulte


« Ouvrir une porte ou rester devant…

Franchir un mur ou y renoncer…
Attendre ou décider d’agir…

Nous sommes tous confrontés à des choix.
Comment les faire ? A quel moment  ?
Que se passe-t-il quand on écoute la part de l’ombre ? »

                                                                                                                                                                     Photo : F. MINDUS


« l’Odyssée » :
Ce projet est née de la rencontre de trois artistes :  
Olivia MACHON, comédienne,
Emmanuelle TRAZIC, marionnettiste 
Nathalie BONDOUX, conteuse 

La perspective qui nous anime est une construction collective à la manière d’un puzzle, une forme multiple autour du voyage d’Ulysse. Il s’agira d’associer les différents modes de narration qui caractérisent chaque compagnie partenaire, pouvant s’articuler autour de petites formes (solos et duos…) au profit du récit initiatique d’Homère.
A l’heure actuelle, nous avons exploré nos différentes approches de l’Odyssée, lors de séances de recherches. La prochaine étape, du 12 au 15 novembre, sera la réalisation du premier épisode de notre Odyssée.
A suivre…

Le commencement de la fin…

Nathalie
«  Le public, c’est celui que l’on doit toujours écouter,
mais à qui l’on ne doit pas toujours obéir. »
Ariane Mnouchkine, « L’art du présent, entretiens avec Fabienne Pascaud »
Au commencement, il y a eu des questions : Peut-on vivre sans peur(s) ? La peur est-elle inévitable ? Si elle l’est, comment vivre avec ?
Ensuite il y a eu la rencontre avec « Barbe bleue » et ses variantes. « Jean-Sans-Peur » est venu plus tard et « Le tout petit os » à la fin.
Trois années se sont écoulées entre les premières questions et le spectacle « Gens sans peurs ».
Ce n’est pas toujours aussi long, heureusement…
Pendant deux ans, j’ai travaillé, mais trop souvent je me retrouvais seule avec mes doutes et mes mécontentements.
Au bout de deux ans, je me suis rendue compte que si je voulais aller au bout de « Jean-Sans-Peur », je devais faire différemment : je ne pouvais plus être seule avec mes « peurs blocages ». Je devais aller vers l’inconnu mais… accompagnée.
J’avais besoin de rencontrer un public vivant et bienveillant pour avancer dans mes esquisses du conte.
Claire Heggen, elle, m’a indiqué d’autres chemins possibles lors de nos séances de travail ; à moi de les emprunter ou non.
À l’auditorium de la bibliothèque de St-Germain-en-Laye, Coline était là pour m’encourager par sa présence, ainsi que toute l’équipe des bibliothécaires.
Quand je ne voyais plus rien, que je ne savais plus comment faire, je demandais à Coline de « chausser » un masque ou de prendre des photos, afin de voir autrement ; depuis la place du spectateur.
Puis, venaient les moments où je présentais les extraits de mon travail en cours aux élèves.
J’étais enfin face à un public, mais pas n’importe lequel : exigeant, critique et toujours bienveillant.
Lors de ces rencontres, je devais aller au-delà de mes doutes, de mes hésitations.
Je ne pouvais plus faire et refaire le même geste dans l’espoir d’arriver au bon, mais je devais me laisser faire par le geste qui venait au moment de la rencontre.
Je ne pouvais plus balbutier et buter sur chaque mot mais conter en me laissant porter par l’histoire.
Grâce à la présence des élèves face à moi, grâce à leurs attentes et à leur curiosité, je devais aller au bout de mes propositions du moment. Quitte à me tromper. Alors, j’essayais de nouveau, en compagnie des élèves.
Sans ces moments de partage où « Jean-Sans-Peur » prenait enfin vie, je sais que je me serais laissée envahir par mes « peurs blocages » et que je n’aurais pas pu aller au-delà…
Maintenant que « Gens sans peurs » est là, tout me semble si évident… Et pourtant, le voyage ne fait que commencer.
Un immense MERCI à tout ceux et celles qui ont permis à « Gens sans peurs » de voir le jour en ce 10 mai 2012.
« Les choses ne sont pas difficiles à faire,
ce qui est difficile c’est de nous mettre en l’état de les faire. »
Brancusi

Les images du conte

Nathalie

Afin de préparer les séances pour les trois classes de l’école Passy, je me suis fixée de travailler les images du conte : le village de Jean, l’arbre aux pendus et le château en ruine où va se dérouler les trois nuit avec les démons/diables.
Le village de Jean :
Je me suis d’abord questionnée sur le lieu géographique du village de Jean. Il sera situé en Europe ; c’est une évidence car le conte est d’origine européenne.
Plus précisément en France, car c’est encore le pays que je connais le mieux…
La Bretagne ? Non, le conte des « Trois soeurs » s’y déroule déjà.
Le Nord de la France ? Je ne connais pas assez, mais son opposé, le Sud, oui.
Les souvenirs de mes vacances passées chez mes grands-parents maternels sont venus réveiller mes sens : la chaleur (souvent écrasante), le chant des cigales (assourdissant), les vignes et les champs d’oliviers (où nous allions grimper avec ma soeur), le mistral, l’accent chantant des habitants et puis la place des villages avec leur fontaine et les immenses platanes.
Tout était là, bien vivant, mais j’avais tout de même envie de pouvoir m’appuyer sur l’image d’un village existant. Alors j’ai cherché dans un livre (« Le pays Cathare, l’Aude entre mer et montagne » de A-M Royer-Pantin et C Bibollet) et j’ai trouvé :

Le village d’Aragon dans la région des Montagnes Noire-Cabardès, entouré de vignes et d’oliviers.

Le village de Cucugnan dans la région des Corbières.

Le château :

Là aussi j’ai cherché dans mes souvenirs : quel château ou autre lieu en ruine avais-je visité ? 
Le château de Domfront en Normandie, dominant la vallée mais en plein milieu de la ville. Le château de Jean sera, lui, en plein milieu de nulle part. Ce ne sera pas Domfront, d’ailleurs trop en ruine.



           

L‘abbaye de Jumièges, en Normandie, entouré de son immense parc et de ses arbres centenaires. Pourquoi pas.

                                                       



M’est venue en mémoire une maison en ruine dans laquelle j’avais tenté d’entrer en fin de journée, alors que la nuit tombait. J’ai vite fait demi-tour, je sentais mes cheveux se dresser sur ma tête et un grand frisson me parcourir l’échine… Brrrr… J’en frissonne encore. Mais Jean, lui, n’aura pas peur lorsqu’il entrera dans le château et c’est justement un château, pas une maison ; les dimensions ne sont pas les mêmes… Ce n’est pas ça.

Alors, je me suis ensuite plongée dans des livres, et là encore, j’ai trouvé l’image que je souhaitais : le château de Passy, en Bourgogne. C’était exactement le château que j’avais en tête : en ruine mais pas complètement. En plein milieu de nulle part mais pas sur un éperon rocheux comme les châteaux cathares.



J’avais trouvé le village de Jean, ainsi que le château, mais il me manquait l’arbre aux pendus. J’ai cherché dans des livres et aussi sur Internet. Pour l’instant je n’ai pas encore trouvé, à suivre !


Quand au travail de conte, il peut commencer : donner à voir et à sentir ces images et ces souvenirs qui vont vivre et grandir en moi.