T/u : les coulisses du travail en cours

Lors de nos deux semaines de résidence à CVE, à Montreuil, deux élèves de d’ISIS sont venus faire un reportage sur notre travail.
Pour visionner le reportage, cliquer ici : T/u, les coulisses
Ce mercredi 2 décembre, Télémaque sortira pour la première fois de sa valise face à un public
Il sera au Centre Social Serge Gainsbourg de Clichy, grâce au Théâtre du Hublot de Colombes.
En attendant de voir le spectacle, bon reportage !

Ithaque et son palais

Nos métiers

“- Ce que j’aime dans mon métier, c’est que c’est varié”, me disait hier Emmanuelle. Reportage en image…
 De l’idée à la réalisation :
Trognes de prétendants

           
Les mêmes en “vrais”
Du gros oeuvre, à la légereté :
Silhouettes en papier des prétendants
Réalisation des caisses pour la scénographie
 De l’atelier au plateau de jeu :
Si, si je vous assure c’est bien…
… Emmanuelle sur les deux photos…

                                  
Et moi ?
Pendant ce temps-là, j’écris, je coupe, je colle, je raye, ce que nous asseyons sur le plateau jour après jour. Et puis, je tiens le blog de nos aventures…

A suivre….

Troie, un extrait de T/u

Grâce au Théâtre du Hublot, nous avons pu présenter un extrait de notre travail en cours à l’hôpital St Jean de la ville de Gennevilliers, devant une dizaine de patients de l’hôpital et de leur famille.

Prenez une ville fortifiée (la valise de Télémaque), quelques pions d’un jeu d’échec (les grecs et les troyens), un roi cornu, une reine un peu poire mais très belle, un frère un peu requin sur les bords, ajoutez-y quelques éléments d’histoire et vous obtiendrez la guerre de Troie en 12 minutes chrono !
Suite à cet extrait, nous avons commencé des ateliers avec les patients autour du théâtre d’objets. Extraits d’histoires :
Lucile (le coussin à épingles) a voyagé au Congo où elle a été reçu par une famille de congolais dans leur maison (jeu de construction en bois) : il y avait la mère (pomme de pain) qui portait son bébé dans le dos (dé à coudre), le père (morceau d’écorce) et son fils (gland).

Lucile a beaucoup, beaucoup apprécié l’accueil qui lui a été réservé : elle a vécu un an dans cette famille, dans cette maison et quand elle a dû partir, tout le monde a pleuré.

Après Ulysse, Télémaque !

Depuis cet été se prépare le nouveau volet du “Projet Odyssée”, rebaptisé “C Personne”. Après nous être attachées à Ulysse, nous continuons notre périple au long cours en nous penchant sur le destin de Télémaque
Ce nouveau projet, T/u (“T” pour Télémaque et “u” pour Ulysse) sera l’occasion, d’aller plus loin dans l’exploration de l’Odyssée en croisant l’univers plastique et visuel d’Emmanuelle Trazic de la  compagnie CoMca (marionnette bunraku, théâtre d’objet, théâtre d’ombre…) avec ma parole contée et rythmée.

Pour nous accompagner dans cette nouvelle aventure, il y aura bien sûr Olivia Machon de la compagnie Sublime Théâtre, notre oeil extérieur et ô combien complice et aussi Olivier Lerat, conteur-slameur, compositeur de la musique et oreille extérieure nécessaire !
Le travail est en cours grâce au soutien du Théâtre du Hublot, à Colombes qui nous fait confiance et nous propose de présenter des étapes de notre recherche, dans des appartements, tout au long de la saison 2015-16.
En attendant, que Télémaque sorte de l’ombre de son père, un petit croquis d’Emmanuelle pour donner envie d’en voir plus.

         


Pieds d’or

 
En cette fin d’un mois de mai humide et froid, je me remets en quête du forgeron de Pont-de-Pile et de son apprenti, quittant pour quelques jours Ulysse et ses compagnons.

Grâce à un projet conte mené en collaboration avec la bibliothèque de la ville des Essarts-le-roi, je rencontre, vendredi prochain, deux classes de CM2. Je leur parlerai de mon métier de conteuse-rêveuse et à cette occasion je sortirai “Pieds d’or” de ma forge intérieure. Il sera tout chaud et encore un peu titubant sans doute. Je ne sais pas jusqu’où il ira : entrera-t-il dans le château du roi ? Rencontrera-t-il la jeune princesse ?….
Suite la semaine prochaine !
Nathalie
Notre équipage a une nouvelle fois accosté sur les plages du collège André Chenier à Eaubonne (que nous avions déjà visité l’année dernière pour un stage ombre et conte), cette fois-ci nous avions un nouveau partenaire, le théâtre de l’Orange bleue d’Eaubonne, et bien sûr toujours la Maison du Geste et de l’Image et le conseil général du Val d’Oise.
La classe de 6ème encadrée par leurs professeurs d’art plastique et de français (respectivement Céline Lestoquard et Caroline Cosson), s’est embarqué dans une aventure de théâtre gestuel (avec Olivia Machon), marionnettes et vidéo (avec Emmanuelle Trazic), entre réel et irréel.
Dans la grotte du cyclope
Le cap a tenir était ambitieux: story-board, fabrication d’accessoires et de marionnettes, tournage des videos, travail d’interprétation corporel et vocal, travail de manipulation, et interaction du jeux au plateau avec les vidéos projetées… Sans compter les magnifiques textes qu’ils avaient produits avec leur professeur de français avant notre arrivée et qu’Olivia a mis en scène.
Sur le navire, il faut ramer !
Pour aboutir à un magnifique spectacle sur le grand plateau de l’Orange bleue, auquel ont pu assister deux 6ème du collège ainsi que deux classes de CM2 de la ville. Un grand merci à toute l’équipe du théâtre (et particulièrement l’équipe technique) pour leur accueil, et a celle du collège qui s’est mobilisée autour du projet.
A l’approche des sirènes
Sacré aventure! Une fois de plus, j’en ressors stupéfaite de ce que les élèves sont capables de produire et de l’énergie qu’ils engagent pour atteindre l’objectif qu’on croit toujours avoir fixé “un peu haut”.
J’avoue aussi que j’en ressors chaque fois impressionnée par les enseignants, leur mobilisation autour des projets et surtout leur foi qui semble inébranlable.
Bravo à tous et bon vent!
                                                                      Emmanuelle

Le parcours d’Ulysse : les femmes de lumière

Photo : P. Zarfati
Elles sont trois sur scène pour raconter, à leur manière, le parcours d’Ulysse, “celui qui tant erra”. Elles ont fait le pari de lier leurs arts respectifs au service de l’épopée d’Homère.
La conteuse, le fil rouge
L’art du conteur/de la conteuse, c’est d’emmener le public dans son cinéma intérieur. A sa disposition, elle/il a son corps, sa voix et sa vision (les images) de l’histoire.

Photo : P. Zarfati

Dans ce spectacle, Nathalie Bondoux, se déplace à l’intérieur des images créées par les comédiennes et la scénographie, comme dans une sorte de pop up gigantesque. Elle est à la fois spectatrice et narratrice de l’histoire d’Ulysse et de ses compagnons.

“En tant que conteuse, c’est extraordinaire d’être à l’intérieur de son histoire, de la voir se déployer en trois dimensions, d’entendre les personnages parler, de pouvoir parfois intervenir et en même temps c’est très troublant de ne plus être seule à raconter l’histoire… 

Comment les différentes écritures (celle de l’auteur contemporain, celle de la conteuse et celle de la scénographe) pouvaient-elles se répondre, se compléter, se mêler, sans s’emmêler ou se perdre ? Nous avons cherché, tâtonné, essayé… et nous avons trouvé.”

La comédienne, l’incarnation
Photo : P. Zarfati


Olivia Machon joue tour à tour un jeune marin, compagnon d’Ulysse, une sirène tentatrice et la déesse Calypso qui a gardé Ulysse auprès d’elle pendant 7 ans.

Comment incarner ces personnages si différents dans le corps, la voix, la langue ? Comment transmettre aux spectateurs la fragilité de la déesse et sa colère ? Comment toucher à l’être humain en incarnant un homme ?
Ce sont toutes ces questions, et bien d’autres, auxquelles la comédienne s’est confrontée.


La scénographe marionnettiste, le visuel

Photo : P. Zarfati

Scénographie, marionnette et objets en bois et papier, ombres animées, lumières, costumes toutes ces formes visuelles qu’Emmanuelle Trazic a créées contribuent à emporter le public dans un monde onirique dans lequel la conteuse et les comédiennes se déplacent.
En plus de la scénographie et de la manipulation de Tirésias, Emmanuelle joue aussi un des compagnons d’Ulysse, Euryloque, le “gardien des rites.”

Les compagnons d’Ulysse à Clamart

Le CRD Henri Dutilleux de la ville de Clamart nous a permis de continuer notre odyssée.
Au programme de la semaine, nous nous sommes penchées sur les personnages d’Euryloque et de Politès, deux des compagnons d’Ulysse auquel nous nous sommes attachées et c’est vrai qu’ils sont attachants ces deux là !

Surtout quand Euryloque  se met
a réfléchir…

Normal, c’est lui le chef.
Celui qui a les galons !

 
Quand à Politès, c’est autre chose.
Il est plus jeune, un brin moins subtil peut-être…
 
Mais ça reste à voir.
En tout cas une chose est sûr, les deux font la pair et dès qu’il s’agit d’aller patrouiller, on peut compter sur eux par Apollon !

Un immense merci à Annie Robert (Cie du Chahut) qui les a fait grandir.

L’Odyssée aux Baux de Provence

Il n’y a pas qu’à Paris que l’Odyssée nous poursuit, des bouts de Lestrygons se sont retrouvés aux Baux de Provence… Olivia ne les a pas rencontré en entier, heureusement pour elle d’ailleurs…

L’Odyssée à Paris…

Les traces du voyage d’Ulysse sont autour de nous, il suffit de rêver un peu en se baladant à Paris, aux Buttes Chaumont par exemple ; la grotte de Polyphème est là avec son puits de lumière et ses stalactites, il ne manque que les fromages suspendus, les brebis… et son cyclope…

 
  

 “Nous eûmes vite atteint l’endroit où, sur le premier cap et dominant la mer, s’offrait à nos regards une haute caverne, ombragée de lauriers. Elle servait d’étable à de nombreux troupeaux de brebis et de chèvres […]. C’est là que notre monstre humain avait son gîte […]. Ah ! Le monstre étonnant ! Il n’avait rien d’un bon mangeur de pain, d’un homme : on aurait dit plutôt quelque pic forestier qu’on voit se détacher sur le sommet des monts.”
L’Odyssée, p. 168, Traduction de Jean Bérard 


“Rapidement, nous arrivons à la caverne : il n’était pas chez lui. Nous entrons dans la grotte. […] Nous restons. Nous faisons du feu, un sacrifice, et, nous étant servis, nous restons à l’attendre.
Le voici qui revient, ramenant son troupeau. Puis il ferme l’entrée avec un gros rocher qu’il lève et met debout : même avec vingt-deux hauts fardiers à quatre roues, on n’eût pas fait bouger cette pierre du sol. […]

Sur mes compagnons s’élançant, mains ouvertes, il en prend deux ensemble et, comme petits chiens, il les rompt contre terre : leurs cervelles, coulant sur le sol, l’arrosaient ; puis, membre à membre, ayant déchiqueté leurs corps, il en fait son souper. […] Nous autre, en pleurant, tendions les mains vers Zeus !… Voir cette oeuvre d’horreur !… Se sentir désarmé !…”
                                                                              
  L’Odyssée, p. 169-171, Traduction de Jean Bérard