Compte-rendu de lecture des élèves.

Nathalie

Afin de plonger les élèves dans “Jean-Sans-Peur”, les enseignants leur ont lu en classe quatre versions du conte. Ainsi, ils ont pu se faire une idée des variantes possibles et des choix à faire lorsque l’on travaille sur un conte-type.

Voici quelques uns des commentaires des différentes classes :
À propos de la version d’Italo Calvino : “Jeannot qui n’a pas froid aux yeux
Version un peu molle et trop courte. Les choses vont trop vite.
Le héros a mauvais caractère, il manque d’étoffe.
Jeannot n’est pas un prénom pour quelqu’un qui n’a peur de rien.
Point fort : le géant en pièces détachées.
La fin n’a pas été très appréciée : il meurt à cause de son ombre.

À propos d’une des versions bourguignonne : “Guillaume-Sans-Peur”
Élément non apprécié : le fait que Guillaume tue son frère. La mère réagit bizarrement ; elle n’a pas de chagrin et protège Guillaume.
Présence des pendus et des démons appréciée ; cependant, les démons étaient un peu trop gentils.
Dommage que Guillaume ne parvienne pas à connaître la peur et à se marier.
À propos d’une version d’Henri Gougaud : “Jean-Sans-Peur”
Bonne idée pour le gâteau découpé et la peur donnée à Jean, mais cela aurait peut-être été mieux que Jean parvienne à avoir peur avec le diable plutôt qu’avec le roi.
Le diable n’est pas assez méchant, au contraire, il paraît peureux, ce qui est bizarre !
Bonhomme puzzle : très bonne idée.
Jean est rusé, il a pris le diable à son propre piège, mais celui-ci est un peu trop facile à berner.
 
À propos de la version des frères Grimm : “Celui qui s’en alla apprendre le tremblement”
C’est la version la plus développée et la plus amusante. Conte très apprécié.
Ce qui a beaucoup plu : le jeu de quilles avec les têtes de morts et les os ainsi que l’homme/diable qui tombe en morceaux de la cheminée et se reconstitue.
Ils ont aimé le fait que Jean joue (littéralement) avec la mort.
Par contre, fin décevante, un peu bizarre, mais c’est la plus comique de toutes les versions.

Dimanche : lecture

Dimanche 19 février 2012

Nathalie

J’ai commencé la lecture d’un livre de Jacques Lecoq : “Le corps poétique, un enseignement de la création théâtrale”, aux éditions Actes Sud Papier.
J’ai noté quelques extraits qui sont en échos avec mon projet de présentation des extraits de “Jean sans peur” aux élèves afin de m’aider à consolider le conte  :
La critique que l’on émet sur le travail n’est pas une critique du bien ou du mal, c’est une critique du juste, du trop long, du trop court, de l’intéressant, du pas intéressant. […] Ne nous intéresse que ce qui est juste : une dimension artistique, une émotion, un angle, un rapport de couleur […]. Chacun peut ressentir cela et le public sait parfaitement quand c’est juste.” 
P. 31
” Une grosse erreur est une catastrophe, une petite erreur est essentielle pour permettre de mieux exister. Sans erreur, il n’y pas plus de mouvement. C’est la mort !” 
P. 32
Les élèves sont souvent contradictoires. Il faut à la fois les entendre et ne pas trop les écouter. Il faut aussi s’opposer, se battre pour les emmener dans un espace poétique véritable. Cette dimension est parfois difficile à atteindre. A leur manque d’imagination il faut répondre par le fantastique, par la beauté, par la folie de la beauté.” 
P. 34

Jeudi : rencontre avec les classes de l’école élémentaire Passy.


Jeudi 16 février 2012

Coline

Aujourd’hui, Nathalie a présenté l’extrait de “Jean-Sans-Peur” devant deux classes de l’école élémentaire Passy. Elle a eu la journée de mercredi pour intégrer les remarques de la classe de 6ème : notamment d’instaurer un nouveau début au conte. Je l’ai trouvé plus intéressant. Le personnage de Jean est devenu plus humain, plus incarné.
La gestuelle que Nathalie exécute avec les masques des pendus s’est affinée ; elle est devenue plus lisible, plus fluide. Je sentais que Nathalie s’amusait. Certains passages étaient encore hésitants, mais je constate une nette progression.
Je ressens beaucoup de plaisir à participer à l’étoffement d’un projet, de voir les débuts, de suivre les améliorations. C’est une aventure, un chemin de conte ! Chaque pas en avant procure une satisfaction. 

Le bout du chemin, le résultat, est important, mais c’est la progression qui est la plus enrichissante. Et de voir un projet s’affiner est un véritable plaisir.

Laurie, bibliothécaire à la bibliothèque multimédia de Saint-Germain-en-Laye

Je m’assois et attends le début du conte avec autant d’impatience que les enfants de la classe de CM2 de l’école Passy que j’accompagne. Mes yeux d’enfant sont au rendez-vous. Mais je me rends vite compte que je n’en ai pas besoin. Mes yeux d’adulte suffisent. L’imagination et la créativité de Nathalie font le reste.
Je m’extasie devant la mise en scène, j’écoute l’harmonie de cette voix qui nous emmène autre part, dans un autre monde. Je plonge dans l’histoire admirablement remaniée par l’artiste.

Un moment rare nous est offert.

Grâce à Nathalie, je découvre ce qu’est le métier de conteuse et je découvre les joies d’être spectatrice et actrice d’un spectacle hors du commun.

Chacun peut s’exprimer, donner son avis, positif ou négatif, et le dialogue reste très ouvert. Chacun peut sentir qu’il a un rôle dans le processus de création et c’est une chance que l’on saisit avec joie. Je suis ravie de faire partie de cette aventure et j’en remercie Nathalie.

Vivement la deuxième partie ! !

Jean, selon les élèves de CM1-CM2 de l’école Passy.
Cliquez sur l’image pour l’agrandir.

Mardi : rencontre avec la 6ème 3 du collège des Hauts-Grillets.

Mardi 14 février 2012
Nathalie
8h40 : bibliothèque annexe George Sand.
Avec Élodie, la bibliothécaire qui suit la classe de 6°3 du collège des Hauts Grillets, nous sommes sur le pied de guerre. Il faut qu’on déménage et qu’on aménage la salle avant que les élèves n’arrivent : enlever les bacs à albums, la table, puis installer les coussins, les poufs et les chaises pour que tout le monde puisse voir.
9h20 : la classe est là, l’appréhension aussi. J’ai déjà rencontré la classe il y a un mois. Les élèves savent pourquoi ils sont là : aujourd’hui, je leur livre le passage d’un conte en plein chantier, un brouillon, une esquisse. Ce n’est pas facile, mais c’est la règle du jeu que j’ai moi-même fixé.
Pour que le conte de “Jean-Sans-Peur” puisse enfin aboutir (j’y travaille depuis deux ans), j’ai senti que j’avais besoin du regard et des retours d’un public actif et bienveillant. Grâce au soutien de la bibliothèque multimédia de Saint-Germain-en-Laye, je vais pouvoir présenter des extraits du futur spectacle, “Gens-Sans-Peurs”, à trois classes de 6ème et trois classes d’élémentaires.
Le 10 mai, ils seront tous réunis afin de voir le spectacle en son entier.
En attendant, aujourd’hui, la 6°3 est la première à qui je présente mon conte en chantier.
Ils écoutent. Ils regardent. Ils s’exclament.
Puis, nous échangeons sur ce que je viens de leur donner à voir et à écouter. La discussion commence, d’autant qu’en classe, ils ont vu quatre versions différentes du conte de “Jean-Sans-Peur”, afin de pouvoir s’approprier aussi l’histoire.
Ce qu’ils ont dit ? Ce qu’ils ont ressenti ? … Peut-être l’écriront-ils eux-mêmes ; après tout, l’idée de ce blog est née de ces rencontres.
À suivre !

Élodie
Nathalie lève aujourd’hui le voile sur la scène des pendus. Tension et instant magique, car c’est une première : première fois que le conte se révèle au public dans sa nature encore “imparfaite”, première confrontation avec les élèves de 6° 3.
Nathalie nous demande d’avoir un œil critique sur son travail. Sans complexe, un échange se met en place… Nous participons activement au cheminement de la pensée, à la construction du conte. Je prends alors la pleine mesure du travail effectué et qui reste encore à faire. Mais la base est là, fondations solides, et le charme opère…
Un conte est vivant, il a une mémoire et un devenir. En nous impliquant dans l’aventure, Nathalie nous fait ici un beau cadeau.
Aujourd’hui encore, je me sens imprégnée de “Jean-Sans-Peur” et des étapes de fabrication de ce conte qui nous appartient désormais un petit peu.

Croquis de Coline durant la séance.
Cliquez sur l’image pour l’agrandir.


Coline
Ce mardi, Nathalie présente sa première esquisse de spectacle devant une classe de 6°. Moi qui l’ai vue répéter depuis quelque temps, je sais qu’aujourd’hui, malgré son trac, elle sera capable de les emmener dans son histoire.
Pendant cette séance, je la photographie et fais des croquis. J’aurais du mal à décrire exactement mon ressenti.
Quand je dessine et photographie, je suis à la fois présente et absente. Je perçois les ambiance, j’entends ce qui est dit, je vois d’une manière différente. Je suis attentive à ce qui se passe, saisis des moments, en même temps je suis très concentrée sur mon dessin. Je ne pense plus.
Photographier, dessiner, et en même temps suivre le spectacle est une véritable gymnastique.
Au final, je dirais que cette représentation s’est bien passée. La classe s’est montrée attentive, intéressée, et certains ont fait des remarques très pertinentes qui donnent à réfléchir. C’était un moment intéressant et enrichissant pour tout le monde.

Vendredi : improvisations gestuelles et musicales.

Vendredi 10 février 2012

Nathalie

Tandis que Coline travaillait “d’arrache-mains” sur le blog, j’avais rendez-vous avec Florence, une amie avec qui je travaille depuis quelques années. Nous avions convenu de faire des essais musicaux sur la scène en travail de Jean-Sans-Peur.
Après lui avoir présenté la scène, Florence a pris son violon et nous avons improvisé à quatre mains et deux pieds sur le canevas corporel de l’arrivée de l’arbre à pendus : tout d’abord, je me laisse guider par les rythmes proposés par le violon et ensuite je m’y oppose.
Moi qui étais dans un mouvement continu et monotone, les propositions de Florence m’ouvrent de nouveaux horizons : saccades, glissements fluides et lents, arrêts brusques, équilibres, pauses
À la fin de la journée, nous étions heureuses d’avoir partagé ce moment de recherche, ce moment de rencontre entre le mouvement et la musique. Nous ne savons pas où cela nous mènera. Nous verrons. En attendant, nous nous sommes enrichies mutuellement.

Jeudi : lumières.

Jeudi 9 février 2012

Nathalie

Ce matin, après avoir affronté le grand froid, nous (les carnettistes) nous sommes retrouvées dans notre quartier général de la bibliothèque multimédia de Saint-Germain-en-Laye, j’ai nommé : l’auditorium.


Dès 11h, Pierre-Henri était avec nous, afin que l’on fasse les premiers essais lumières.
Pour la première scène de Jean-Sans-Peur, une lumière froide est préférable.

Pierre-Henri nous propose des gobos, des cercles en métal fin ajourés, qu’on pose sur le faisceau des projecteurs (exemples de gobos ici). Ça nous plaît bien.

L’ambiance est donnée. Maintenant, il ne reste plus qu’à répéter et à présenter la scène mardi et jeudi aux classes, afin d’avoir leurs retours.

Le bonus de Coline :

Photos de Nathalie en train de faire l’andouille.