La présence-absence

L’acteur invisiblede Yoshi OIDA, Actes Sud, p. 93-94

“Au début de la scène, [le musicien] commençait un battement régulier de tambour. Je le prenais comme point d’appui et m’efforçais seulement de relier mes mouvements au battement du tambour. Pour moi, il n’y avait rien d’autre. Seul le lien entre le son et les actions de mon corps. […] 
C’était un moment sinistre, sans la moindre note de gaieté […]. Cependant, je ne jouais pas la “tristesse”. Sa présence était simplement admise. […]
A la réflexion, je me dis que ce moment fonctionnait parce que j’étais intensément concentré sur une chose unique. En conséquence un grand espace s’ouvrait “en moi” ; lequel espace permettait à l’imagination de public d’entrer
Je ne m’encombrais pas à l’intérieur avec tout un fatras psychologique. Je me contentais de respecter la situation et ensuite de me concentrer sur la musique. En retour, cette concentration provoquait une sorte de vacuité intérieure. Et dans cette vacuité, le public pouvait projeter son imaginaire. Il pouvait s’inventer toutes sortes d’histoires à propos de ce que je ressentais.
L’espace vide du théâtre existe à l’intérieur de l’acteur tout autant que sur le plateau.”                       

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