Mercredi 15 avril : septième traversée

Ce jour-là, il y avait pétole : les vents avaient décidé de faire la sieste, pas un brin de vent, rien… On ne pouvait pas partir ! Heureusement 6 moussaillons ont accepté de nous aider et bientôt Apéliote, Borée, Calcias, Euros, Notos et Zéphyr, les 6 vents grecs faisaient partis du voyage afin de pousser le navire vers sa destination : Ithaque.

Les vents se sont mis à souffler !                   Photo : S. Perra  

Le voyage du jour d’île en île
Ainsi nous avons pu voguer de l’île des Lotophages, aux Sirènes sans encombres. Les Lestrygons nous ont donné plus de mal mais Eole, nous a bien accueilli.
Charyde et Scylla nous ont bien malmené avant que Circé ne nous accueille à sa manière.

Jeudi 9 avril : une échappée en mer alsacienne

Ce jeudi, nous avons dévié le cours de nos voyages dans le ventre de la Baleine pour nous retrouver en « mer alsacienne » où nous attendaient deux traversées bien différentes.

Les lestrygons, ces géants mangeurs de chaires humaines         Photo : S. Perra
Dès le début de notre premier voyage les Lestrygons ont décimé la flotte, envoyant une grande partie de nos compagnons chez Hadès. Plus loin nous avons pu éviter les Sirènes, mais nous n’avons rien pu faire entre Charybde et Scylla, déplorant de nouvelles pertes.
Heureusement les vents ont été plus clément et nous poussé vers l’île tout en bronze d’Eole. Là, nous avons pu nous reposer pendant tout un mois. Puis reprenant notre route en direction d’Ithaque, nous sommes arrivés chez les Lotophages. Ce peuple est pacifique mais les arbres de l’île sont dangereux, nous faisant oublier notre but… Ulysse, notre capitaine veillait et nous avons reprit les rames mais c’était pour mieux nous jeter entre les mains du terrible Cyclope. Après avoir pleuré nos compagnons disparus dans l’antre du fils de Poséidon, c’est Circé qui nous a retenu chez elle.
Quand Scylla et ses têtes de chiens emporte nos compagnons        Photo : S. Perra
A peine remis de notre première traversée, il nous a fallu repartir. Et puisque nous venions de quitter Circé, c’est elle que nous avons retrouvé. Toujours aussi belle et dangereuse. En partant elle nous a remis des bouchons de cire pour ne pas tomber sous le charme des Sirènes qui avaient leur îlot non loin de là.  
Ce voyage s’annonçait plus calme que le précédent mais le destin nous a rattrapé, nous jetant coup sur coup dans le ventre des Lestrygons et du Cyclope. Les Lotophages n’ont été qu’une petite parenthèse car bientôt, Charybde et Scylla sonnaient notre fin à tous.. Sauf Ulysse, qui a pu regagner seul notre île tant désirée, mais ça c’est une autre histoire.

Mercredi 8 avril : Sixième traversée

A force de ramer et d’essuyer les tempêtes envoyées par Poséidon, l’équipage commence a être en piteux état : yeux cernés par les mauvaises nuits, dos bloqué, ampoules aux mains… Et nous ne sommes pas encore arrivés.
Ce jour-là, il nous fallait poursuivre la navigation malgré l’absence de notre capitaine. La patrouille composée d’une vingtaine de compagnons tardait. Les bêtes sauvages l’avait-elle dévorée ? Ou bien la douceur de l’air lui avait-elle fait oublier son but ?
Nous avions décidé de partir sans la patrouille, quand la vigie nous a annoncé son retour ! Le départ avait été retardé mais tout le monde était à bord, sain et sauf ; nous avons pu larguer les amarres.
Hisser la grand voile !                                     Photo : S. Perra
Mais il nous fallait combler le retard, nous avons donc mis les bouchées double et tout le monde a ramé avec coeur, allant d’une île à l’autre.

Des Lestrygons aux sirènes, de Circé au Cyclope, nous avons tenu le cap, perdant quelques compagnons.
Reprenant la mer après une escale sur l’île des Lotophages, nous sommes allés de Charybde en Scylla avant d’échouer chez Eole.

Les mousses du jour

Mercredi 1er avril : cinquième traversée

Dès le début les vents ont été de la partie, nous faisant atterrir sur l’île d’Eole. Quand au bout d’un mois de festin le dieu des vents nous a fait repartir en direction d’Ithaque, nous avons essuyé une terrible tempête. Sans elle on arrivait chez nous… Faut croire que les dieux n’étaient pas avec nous.
Les vents s’amusent                                                        Photo : S. Perra
Quand l’île des Lotophages s’est présentée à nous, on a bien été obligé d’y faire escale pour réparer notre navire. Une île très agréable, un peu trop peut-être, entre sa plage de sable blanc et ses oiseaux de toutes les couleurs, certains en ont oublié Ithaque… Ulysse leur a rappelé un peu brusquement et nous avons pu reprendre notre voyage.
Les Lestrygons et plus tard Charybde et Scylla ont décimé notre flotte. C’est le coeur lourd que nous sommes arrivés sur l’île de la magicienne Circé. Si Ulysse n’avait pas été là (et Hermès bien sûr), c’est en cochon que nous aurions fini notre triste vie. Il nous a bien fallu un an pour nous en remettre, Ulysse lui y serait presque resté, mais Ithaque, la rocheuse nous appelait et nous avons remis le bateau à la mer. 
Au bout de très peu de temps, nous avons vu l’îlot des Sirènes. Heureusement que Circé nous avait remis des bouchons de cire afin que nous ne tombions pas sous le charme de leurs voix. A force de ramer, une île abrupte s’est élevée à l’horizon : l’île des cyclopes. Si Ulysse n’avait pas été si curieux, nous l’aurions évitée mais…

Impressions de quelque moussaillons après le voyage.

Mercredi 25 mars : quatrième traversée

Nous nous étions levés aux aurores ce matin-là, la semaine avait été rude, les dieux n’étaient pas avec nous, on le savait, on le sentait. Il allait falloir redoubler d’attention. 
Lors de la précédente traversée, la foudre était tombée sur notre frêle esquif. Après quelques jours de cabotage le long des côtes, le vent était tombé, « Pétole », comme on dit chez les marins.
On s’attendait à tout, et surtout au pire.
En silence nous sommes descendus à quai, nous nous sommes séparés en 2 équipes pour chercher le matériel adéquat. Nous nous sommes retrouvés à l’heure dite et sans mot dire, nous avons reconstruit, renforcé le navire. L’ouvrage allait bon train, nous ne ménagions pas notre tâche, nous donnant du coeur à l’ouvrage les uns, les autres. A 14h50, quand le capitaine a annoncé qu’on levait l’ancre nous nous sommes rassemblés pour une dernière invocation à Zeus, Hadès et Poseidon,  les dieux majeurs. Tout l’équipage est remonté à bord, nous avons largué les amarres et notre embarcation a repris vaille que vaille la mer turquoise aux multiples dangers.

Notre instinct nous a fait entreprendre une navigation en sens inverse, afin de ne pas alerter les dieux et de déjouer tout piège.
L’île des Lotophages nous a fait face en premier, nous berçant de ses douceurs sucrées, Charybde et Scylla nous a bien secoués, nous faisant glisser sur l’île d’Eole. Soufflés sur l’île du Cyclope, nous avons perdu quelques compagnons. Sur leur atoll, les Lestrygons nous attendaient, leur apparence nous répugnait. Le chant des sirènes nous a tenté, mais prévenus, les bouchons d’oreille nous ont permis de ramer jusqu’à l’île de cette sorcière qu’on appelle Circé.


La traversée avait été mouvementée. On ne prend pas la mer comme on prend le soleil, le corps alangui, les doigts de pied en éventail. Celle-ci nous avait donné du baume au coeur et de l’énergie pour poursuivre notre chemin, jusqu’aux prochaines turbulences. Chaque aventure à terre nous nourri, nous construit un peu plus et chaque mercredi, jusqu’au 30 avril, nous rassemblons nos forces… A demain, moussaillons !
                                                                                                       Olivia

Encore un coup et vire et, encore un coup et vire et 
Encore une coup et vire et vire encore un coup !
C’est pas l’moment, pas l’moment d’être sous
C’est pas l’moment pas l’moment d’avoir les bras mous
C’est pas l’moment pas l’moment d’plier les genoux et vire encore un coup !

Après la traversée

Mercredi 18 mars : troisième traversée

La traversée a commencé tranquillement, comme une promenade du dimanche en famille : dès le début, Eole, le dieu des vents, a soufflé sur les voiles du navire. Les côtes d’Ithaque étaient sous nos yeux mais…
Coup de vent chez Eole                                    Photo : S. Perra
notre curiosité a été plus forte et en ouvrant le sac que le dieu des vents avait confié à Ulysse, nous avons été propulsé loin, très loin de notre île et tout près de l’île de Circé. Au début, ça ne c’est pas très bien passé mais Ulysse a réussi à tout remettre en ordre, du coup nous sommes même restés un an sur l’île de la belle magicienne mais au bout d’un an, nous on avait qu’une seule idée en tête : repartir pour Ithaque, retourner chez nous ! Ulysse a eu un peu de mal mais il a tout de même quitté les bras de la déesse aux belles boucles. 

Heureusement que Circé nous avait parlé des Sirènes, de leurs voix mélodieuses et mortelles : avec les bouchons de cire dans les oreilles, nous avons pu continuer notre route sans perdre la tête.

Sur l’île suivante, nous avons bien failli y rester ; la fleur de l’oubli nous tendait ses pétales mais Ulysse a résisté et nous avons quitté les Lotophages. Si nous avions su… C’est à partir de là que ça c’est gâté. Certes, nous n’étions pas rentré chez nous mais au moins nous n’avions perdu aucun compagnons. Quand nous nous sommes approchés de Charybde et de Scylla, nous n’avons rien pu faire et six des nôtres ont été emportés par la terrible Aboyeuse. Mais ce n’était rien en comparaison des Lestrygons et du Cyclope qui nous attendaient…
                                                                                                          Nathalie

Le parcours du jour

Mercredi 11 mars : deuxième traversée

13 heures, Pont de Bercy : la Seine s’écoule de son air paisible, des péniches filent, plus ou moins chargées, provoquant des remous sur le quai. Un cormoran passe, flèche noir frôlant la Seine. Une douce brise annonce une traversée sereine, à moins que les dieux ne s’en mêlent.

                         

15 heures, il est temps d’embarquer. Stéphane accueille les mousses du jour qui s’installent dans le ventre de la Baleine, prêt pour un voyage dont ils ne connaissent pas le parcours, nous non plus… Nous ne savons qu’une chose, Ithaque nous attend au bout du chemin.

La traversée commence mal : Les Lestrygons ainsi que Charybde et Scylla dévorent un grand nombre de nos compagnons. Le moral est au plus bas mais nous continuons. Heureusement Eole nous accueille et nous reprenons des forces après un mois de festins ! Il nous fallait au moins ça pour affronter le Cyclope qui nous attend dès l’île suivante. Nous pouvons nous reposer un peu sur l’île des mangeurs de lotos où l’oubli a bien failli avoir raison de nous. Nous reprenons nos rames en direction d’Ithaque mais les Sirènes, tentent de nous attirer au fond de la mer, nous en réchappons de justesse… Des vents favorables nous poussent et nous arrivons chez Circé, la magicienne.
Arriverons nous jamais chez nous ????

Les Sirènes et leur chant envoûtant…        Photo : Stéphane Perra

16 heures, le voyage est fini. Quand Stéphane ouvre les rideaux des hublots, dévoilant la Seine, les moussaillons qui ont fait le voyage avec nous s’écrient :  » On est sur l’eau !! » Le temps de la traversée entre Troie et Ithaque, ils avaient oublié qu’ils étaient sur une péniche.

Cette fois-ci pas de petits mots sur le carnet de bord, Poséidon, dieu jaloux, l’a gardé près de lui…

                                                                                                     Nathalie

Les préparatifs de départ et le premier voyage sur la péniche

Lundi 2 mars


Ca y est, nous y sommes, Ulysse au gré des vents va commencer sa navigation.
Entre quelques averses (sacré Poséidon) et du ciel bleu (merci Athéna), nous nous retrouvons sur la Péniche-Théâtre de la baleine blanche afin de nous repérer dans l’espace, d’essayer l’installation scénique qu’Emmanuelle Trazic a créé pour le spectacle et de voir les lumières avec Stéphane Perra.
Emmanuelle pendant l’installation
Tout se passe bien. La péniche tangue doucement et nous découvrons ce qu’Emmanuelle nous a concocté, ça nous plaît.
Le ventre de la Baleine avec lumières et l’esquisse de l’installation
Nous nous échauffons, essayons cet espace tout nouveau entre les allées et venues de Stéphane et d’Emmanuelle qui nous préparent la lumière. Pas facile de garder sa concentration mais quand faut y aller, faut y aller !
Une fois que tout est prêt, un filage s’impose, d’une île à l’autre : les Sirènes, les Lestrygons, le Cyclope, les Lotophages, Circé, Charybde et Scylla. Seul Eole n’aura pas fait parti du voyage.
A la fin, une chose est sûre : il nous manque le plus important, le public ! Vivement mercredi.
Mercredi 4 mars
La péniche se remplie doucement mais sûrement. Chez Olivia et moi la tension monte. Même Emmanuelle qui assiste à la première sent le trac monter, c’est bientôt marée haute… Et puis ça y est, on largue les amarres ! 
C’est parti pour 40 minutes de voyage dans le ventre de la Baleine : des Lestrygons en passant par Charybde et Scylla, un petit tour chez le Cyclope, un face à face avec les Sirènes, une pause sur l’île des Lotophages et pour finir chez Eole. Circé est restée sur le quai, mais on espère qu’elle fera partie du prochain voyage.
Quelques commentaires des mousses présents ce jour-là :
« J’ai trouvé se spectacle bien surtout l’ile au sirène »    Kamilla
« J’ai bien aimer c’était drole« 
« Merci pour le spectacle. J’ai beaucoup aimer les sirène et les autres aussi »  De la part de Hayer

Prochain départ mercredi 11 mars, on vous attend avec impatience sur la Péniche-Théâtre La baleine blanche, amarée Quai de la gare, à bientôt !
                 
Nathalie

Ulysse en Péniche : c’est parti !


Si vous voulez découvrir Ulysse au gré des vents, c’est maintenant !
Nous le jouerons tous les mercredis de mars et d’avril à 15 heures et du lundi au vendredi pendant les vacances de printemps sur la Péniche-Théâtre de la Baleine Blanche.

Ulysse, héros de la guerre de Troie, s’apprête enfin à rentrer chez lui, à Ithaque, avec ses compagnons mais le retour ne s’annonce pas facile.

Ballotté entre les tempêtes de Poséidon et le souffle délicat d’Athéna, Ulysse et ses compagnons abordent, au gré des vents, différentes îles. Leurs habitants ne seront pas toujours des plus accueillants.
Une comédienne (Olivia Machon) et une conteuse (Nathalie Bondoux) s’aventurent sur les rivages de l’Odyssée d’Homère, avec pour tout bagage leurs corps, leurs voix et le hasard.  Ferez-vous parti du voyage ?

Ulysse au gré des vents

Lors de nos recherches autour de l’Odyssée et du jeu, en 2013, nous avons fait plusieurs séances en duo Olivia et moi. De cette exploration à deux, est née une forme légère où nos corps, nos voix et nos pratiques artistiques se répondent, nourris aujourd’hui du travail autour de la forme plus spectaculaire qu’est Le parcours d’Ulysse.

Ulysse au gré des vents est un conte gestuel : nous avons avons croisé nos modes de narration afin que les mots et les gestes soient aux services de l’épopée. Nous nous sommes notamment inspirées de ce qu’Olivia avait appris à l’Ecole Internationale de Théâtre Jacques Lecoq :

Photo : L. Rojas
« Les conteurs-mimeurs appliquent différents langages aux récits parlés. La proposition consiste à raconter une histoire en alternant (parfois en alliant) ces différents langages à un récit. Cela peut-être fait de manière solitaire, le même acteur est à la fois récitant et mimeur, ou à plusieurs, lorsqu’un conteur est associé à plusieurs mimeurs.
 
[…] Ce travail s’inscrit dans la grande tradition des conteurs, qui existe dans de nombreux pays, en Chine ou en Afrique où le récit est accompagné de suggestions d’images. »  
  
Jacques Lecoq, Le corps poétique, un enseignement de la création théâtrale

Photo : L. Rojas
De nos recherches associant le jeu et l’Odyssée, (voir à ce propos les articles précédents de septembre, octobre et novembre 2013) nous avons décidé d’en garder le mode aléatoire.
Le hasard du jeu qui nous avait conduit d’une île à une autre déconstruisant et reconstruisant l’Odyssée nous a permis de nous approprier le mythe, nous autorisant ainsi à le rejouer à notre manière à chaque séance de travail.
La prise de risque, à chaque coup de dés, nous faisait ressentir, à notre échelle, le danger que couraient les compagnons à chaque fois qu’ils débarquaient sur une île inconnue et c’est cela que nous avons choisi de garder tout au long du spectacle : ne pas savoir où nous allons débarquer.
Ainsi, chaque séance sera l’occasion d’un nouveau voyage, d’une nouvelle odyssée
Emmanuelle Trazic qui a réalisé l’affiche du spectacle, sera aussi notre regard extérieur, continuant ainsi notre collaboration au long court autour de l’Odyssée.
                                                                                                    Nathalie
Photo : L. Rojas
photo : L. Rojas